Education nationale : Offusquez-vous !?

Mercredi 18 janvier 2012
publié par Ludovic Jolivet

Notre république a ses temples. L’éducation nationale en est un. Il est impossible à réformer, impossible à évaluer.Ce temple sacré, bastion d’une gauche d’un autre temps y sévit, s’insurge dès que l’on s’y approche.

Le « Mammouth » sait se faire « plus gros que le bœuf » dès lors qu’il doit rendre des comptes, se justifier devant la nation.
L’éducation est un secteur sensible. Chacun est un peu responsable. Tout le monde a un avis. Rien donc, de plus facile que de mobiliser sur ce sujet. Il est si facile de s’offusquer.

La majorité municipale socialiste l’a constaté à ses dépends lorsqu’elle a voulu fermer trois écoles à Quimper. Elle a fait depuis un repli stratégique.

Je ne connais aucun républicain, aucun démocrate qui ne ferme, classes ou écoles, par idéologie. Nul ne souhaite réduire l’accès au savoir, à la connaissance. Mais l’éducation nationale vit dans un vase clos. Elle se refuse de voir le monde changer, elle ne voit pas le monde tel qu’il est, tellement sûre d’elle ;  pire, repliée sur elle-même et ses certitudes.

D’autres fausses croyances sont répandues. Plus(+) de budget n’est pas synonyme de réussite. Les chiffres l’attestent depuis des années, le nombre d’élèves par classe n’influe pas non plus sur la réussite de chacun. Il est aussi difficile de remettre en cause certaines certitudes pédagogiques comme l’apprentissage de la lecture par la méthode globale par exemple. Enfin l’éveil et l’auto-évaluation ont des limites. L’apprentissage demande de l’effort et de la discipline, l’éducation nationale le paye fort aujourd’hui.

Trois facteurs engendrent des restructurations :
-    La démographie : il y a globalement moins d’élèves.
-    Les filières : Les goûts des élèves changent. Les élèves boudent certaines langues, certaines matières et métiers. Cela  occasionne des désaffections.
-    Les économies à réaliser : l’état n’est pas dans une bonne santé financière. Se restructurer pour être encore plus performant demain est devenu une nécessité. L’éducation nationale doit y être engagée. Elle en a le devoir.

Certes, restructurer, redéployer, supprimer des postes sont synonymes de choix parfois drastiques. On peut se voiler la face un temps, mais pas trop longtemps. Le faire en période électorale est suicidaire, inconscient ou courageux.

L’idéal éducatif a des ennemis. Mais ils ne sont pas où l’on le croit. Le « système passéiste » de l’éducation nationale doit profiter de ces moments pour rentrer au moins dans le présent, à défaut de se projeter dans le futur dont il a peur parce qu’il ne s’y prépare pas. Cette peur du futur, à mon point de vue, il l’inculque aux élèves et aux français qui sont moins optimistes que les Afghans !

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