à propos du triple A, par René Cadiou.
Standard and Poor’s vient de nous faire passer du triple au double A. Fitch et Moody’s nous maintiennent le triple A. Standard and Poor’s veut-il se placer afin de pouvoir, éventuellement, dire plus tard « je vous l’avais bien dit » ? Peu importe ! Je ne veux pas mégoter, pour des raisons qui ne sont pas exactement les mêmes, nous méritons tout autant que l’Italie une dégradation de notre note.
Certes, cette rétrogradation, il faut la prendre avec le sérieux qu’elle mérite, mais elle ne nous fera pas mourir. Ce qui pourrait nous faire mourir ce sont le laxisme et la démagogie qui ont prévalu depuis le premier choc pétrolier. De plus, cette brutale augmentation du prix du pétrole a coïncidé avec l’apparition sur le marché mondial de nouveaux producteurs, bien décidés à se faire une place.
En 1973, l’avertissement d’Alain Peyrefitte : « Quand la Chine s’éveillera. . . le Monde tremblera», n’a pas troublé grand monde. La Chine s’est réveillée, l’Inde, le Brésil également. Le Monde n’a peut-être pas tremblé mais il a été secoué et il l’est plus fortement encore aujourd’hui. Nous allions devoir affronter une concurrence nouvelle, tout à fait légitime d’ailleurs, les pays occidentaux ayant largement profité de leurs avantages jusque lors.
Pour faire face à cette concurrence imprévue, il aurait fallu que nous nous mettions en condition de l’équilibrer, au lieu de gémir sur les distorsions compétitives dues aux faibles coûts sociaux de production des biens qui nous inondaient, oubliant qu’auparavant nous ne partagions rien de ce qui faisait notre force. Nous avons fait l’inverse. Notamment depuis et après 1981, nous avons accru nos charges structurelles en abaissant l’âge de la retraite, en accordant la cinquième semaine de congés annuels, en réduisant à 35 heures la durée du travail, en recrutant massivement dans la fonction publique.
Dans une économie qui allait se mondialisant, c’est bien là, entièrement imputable à la gauche, le manque de clairvoyance et de cohérence qu’évoquait ce matin François Hollande. Ces charges supplémentaires ont dû être financées par un recours de plus en plus important à l’emprunt. Depuis plus de trente ans, pas un budget n’a été voté en équilibre, ce qui nous conduit à financer une part de plus en plus grande de nos dépenses courantes à crédit. Ce n’est pas la gestion de Nicolas Sarkozy, pas même le bouclier fiscal, encore moins la Loi TEPA, pas davantage les centaines de millions de Liliane Bettencourt, ni les bénéfices de Total, qui sont responsables de la perte du triple A. Ce sont la démagogie, le laxisme, l’opposition de la gauche à toute réforme, le poids excessif de l’Administration, qui n’est pas sans rapport avec l’extrême complication des procédures et le paralysant principe de précaution, qui nous valent cette perte d’un cran de notre notation. Les censeurs d’aujourd’hui qui étaient hier les enthousiastes promoteurs de ces dérives, montent au créneau pour se décharger de leurs erreurs sur le dos des suivants, oubliant qu’en matière de laxisme ils étaient orfèvres. François Bayrou qui, ce matin faisait la leçon, prudemment se tait sur son passage à l’Education Nationale.
Malgré la crise, un plan de relance, les aides à l’industrie automobile, interventions insuffisantes pour la gauche, l’abandon de la taxe professionnelle, critiquée par la gauche, afin que « construire en France » ne soit pas qu’un slogan, si PSA a fait construire la « Picasso » à Vigo de préférence à Rennes, c’est qu’à Vigo il n’y a pas de taxe professionnelle, malgré tout cela, Nicolas Sarkozy avait, à la fin du troisième trimestre 2011, limité l’accroissement de notre dette à 478 milliards. Elle s’élevait à 1.211 milliards en 2007, et à 1.689 milliards le 30 septembre 2011. Martine Aubry parle de 600 milliards un jour, du double un autre jour. Donc, face à cette crise, la plus grave que le monde moderne ait connu, Nicolas Sarkozy, en un peu plus de quatre ans, a augmenté la dette de 39%.
En cinq années, le même laps de temps à quelques mois près, François Mitterrand qui avait hérité d’une dette de 97 milliards d’euros l’a portée à 225 milliards, soit une progression de 132%. Pour être tout à fait objectif, en corrigeant ces évolutions des conséquences de l’érosion de la monnaie, Nicolas Sarkozy aura augmenté la dette de 31% dans le même temps que François Mitterrand l’augmentait de 59%. Notable différence que la gauche devait à ses décisions quand la droite la subissait d’une catastrophique crise.
François Fillon a calmement évoqué la situation en insistant sur la dérive des finances publiques, depuis plus de trente ans, et sur l’insuffisante gouvernance de la zone euro. A ce sujet, il faut savoir ce que l’on veut : soit on accepte et respecte une règle commune et salvatrice en perdant un peu de sa liberté, soit on tient à sa liberté pleine et entière et il ne faut plus compter sur la solidarité de nos partenaires de la zone euro. On voit bien les attitudes à propos de l’écriture définitive du pacte de discipline budgétaire, chacun essaie d’obtenir à son profit quelques assouplissements. Ce n’est pas raisonnable ! Il y a quelques mois il avait été décidé de renoncer aux CDS qui n’avaient pas d’actif sous-jacent, il s’agissait là d’une décision importante favorisant l’assainissement des pratiques financières mondiales. Quelques jours plus tard, trouvant cette mesure trop contraignante, l’Angleterre, pour protéger la City, et l’Espagne, pour gagner un peu d’argent, demandaient à l’Europe d’y renoncer. Ce sont là les raisons pour lesquelles le Premier Ministre a insisté pour que les décisions prises au sommet européen du 9 décembre soient appliquées. Il a aussi rappelé qu’il fallait continuer les réformes, celle des retraites, la réduction des effectifs dans la fonction publique et, enfin, adopter la règle d’or. Toutes réformes que la gauche, y compris François Hollande, refuse obstinément.
A l’occasion de cette rétrogradation, il a été rappelé que l’écart entre l’Allemagne et la France ne pouvait que croître. Il faudrait être plus précis. A population égale, il faudrait que nous comptions 1.500.000 fonctionnaires de moins, sommes-nous prêts à les licencier ? En Allemagne, le salaire d’un ouvrier n’a progressé que de 5 euros par mois en 10 ans, sommes-nous prêts à l’accepter ? Les Allemands ont porté l’âge de la retraite à 67 ans, nous qui nous cramponnons à 60 ans bien qu’il ait été porté à 62 ans en 2018, sommes-nous prêts à faire le même effort ? Les entreprises allemandes sont en meilleures santé, leurs profits après impôts sont passés de 8 à 10% dans le même temps qu’ils régressaient de 8 à 5% chez nous. La gauche les trouve trop élevés et envisage de les réduire. Allons-y ! Mais il ne faut plus ni envier, ni nous comparer à l’Allemagne.
Du triple A nous en avons sans doute trop parlé, mais ce ne sont pas nos excès de langage qui l’ont fait disparaître. Par contre, les frasques de DSK ayant fini par lasser, les médias se régalent de cette rétrogradation. C’est à qui en déduira les plus fâcheuses conséquences. Un peu de sang froid ! Exceptons les Etats-Unis, l’Espagne et l’Italie viennent de placer des titres sur le marché à des taux raisonnables, la Nouvelle-Zélande a emprunté à des taux inférieurs à ceux qu’elle obtenait avant la perte de son triple A. Nous aussi trouverons de l’argent à des prix intéressants. Pour cela, il faut que nous ayons confiance, que tous nous jouions le jeu. J’ai l’exemple d’un jeune homme qui a mis au point une technique innovante et prometteuse mais n’a pu trouver un centime auprès d’une banque pour développer son brevet. Une telle frilosité des banques est incroyable alors que la BCE vient de les renflouer largement. Si les pays de la zone euro acceptent un contrôle budgétaire, ne trichent pas, continuent de payer la charge de la dette, il est probable que la BCE rachètera, au moins, de la dette constituée d’actifs négociables. Mais dans ce monde, même celui limité à la zone euro, le chacun pour soi est le comportement le mieux partagé. Il faudra un bagarreur pour faire prévaloir la solidarité.


Le crédit bancaire n’a pas diminué en 2010 : ni pour les particuliers, ni pour les entreprises. Par ailleurs, les banques n’ont pas été renflouées par la BCE, elles ont emprunté des fonds qu’il leur faudra rembourser. La France, sous l’impulsion de NSarkozy est en train de « mettre au niveau » les outils de financement des PME (OSEO…). Les taux pratiqués par les banques, même s’ils ont progressés ces dernières semaines, sont toujours dans une fourchette basse en tout cas largement inférieurs aux maximum pratiqués ces 5 dernières années.
Avis personnel : votre jeune inventeur a plus besoin d’actionnaires que de banques, vous peut être ?
Encore un article écrit à la va-vite qui amalgame les chiffres et qui accuse encore une fois la gabegie socialiste…. Mais vous oubliez de dire que depuis 1973, soit 39 ans, la gauche a gouverné 15 ans et la droite 24. Mais bien sûr c’est la faute de la Gauche. Bizarrement, Chirac, VGE.. ils sont plus de l’UMP, ils doivent être de droite. Et le petit bonhomme qui traînait au budget, aux finances et à l’intérieur (7 ans en tout) et qui est président maintenant (5ans) n’a jamais voté une Loi ou un budget qui a mis la France dans cet état….
Bon, je vous conseille de vous réveiller, car le 6 mai, ce sera une dure chute pour vous… Et ce sera encore une fois, la faute de la Gauche….
si la gauche gagne, la chute sera bien plus dure pour ses électeurs, la faute au réalisme…
Mais Julien leur tactique est claire dénigrer dénigrer mentir inventer déformer …… la nomenclatura parisienne (COPPE) leur montre l’exemple et OBEISSANCE sinon « panpan culcul ».
Et puis un électeur qui vote UMP et est un électeur bien ,réfléchi,sérieux,resposable,conscient …
et un électeur qui vote pas pour l’UMPet est un inconscient,gauchiste, fasciste,vert,rouge,noir ……
Vivement mai prochain que les électeurs tranchent….