Page blanche à …

Dimanche 9 octobre 2011
publié par Jean-Aubert Barra

Deux enseignements peuvent être tirés des rebondissements de l’affaire DSK, ou plutôt de la mésaventure DSK car la justice américaine semble avoir rétabli la vérité. Le premier enseignement concerne les souffrances de l’homme vilipendé par la presse et donné en pâture à l’opinion publique. Il est grand temps de revoir la loi sur la presse et sur la diffamation qui date de 1848.

Depuis, les télécommunications, la numérisation des images, la télévision, internet, ont donné à l’information des bottes de sept lieux. Par contre la loi de 1948 n’a pas évolué d’un iota. La sécurité du citoyen n’est plus assurée, les rumeurs font le tour de la terre en moins d’une seconde. Il faut mettre l’homme à l’abri du pouvoir  destructeur des médias.

Les réparations et amandes suite à diffamation doivent tenir compte du chiffre d’affaire du média concerné et  de l’ampleur de la diffusion de la diffamation. Les sanctions doivent  impérativement être dissuasives ce qui est loin d’être le cas actuellement. D’autre part tout citoyen ou association devrait être en droit de poursuivre un média pour diffusion d’une information qui s’est révélée fausse.

Les medias ont le droit de tout dire mais le devoir de ne pas dire n’importe quoi. Le deuxième enseignement que l’on peut tirer de l’affaire concerne DSK lui-même et le statut de Candidat à la  Présidence de la République Française. La transparence aussi bien au niveau de la vie publique que de la vie privée doit  être totale. Peut-on assurer la haute fonction quand on profite des faveurs d’une femme de chambre, à la sauvette, entre midi et deux heures… Je me fais une plus haute opinion de la Fonction Présidentielle.

L’attitude digne aurait été d’avertir la direction de l’hôtel d’un dysfonctionnement dans l’établissement et non de profiter de la situation, à plus de 60 ans et titulaire de surcroît  d’un compte en banque à faire baver d’envie le français moyen. On pourrait évoquer à ce propos le mythe de Faust, la recherche de la jeunesse éternelle… Mais Faust y a perdu son âme.

Imaginer cher lecteur la réaction de l’opinion publique si Nicolas Sarkozy troussait une femme de chambre, noire, musulmane issue de l’immigration vivant dans un contexte social pas tout à fait ‘’clean’’… Imaginer cher lecteur, imaginez ! Même à droite l’indignation aurait été totale. A gauche, je gage qu’il en sera autrement pour DSK car la morale de gauche n’est plus ce qu’elle était. Non la gauche n’a pas le monopole de la morale !

Un commentaire sur “Page blanche à …”

  1. emmanuel

    un homme qui use et abuse des médias, au travers de sa politique de communication, de sa perpetuelle mise en avant médiatique, n’a pas a être protégé du « pouvoir destructeur des médias ». Ca vaut pour DSK comme pour les autres (de toute nature : politiques, show biz, sportifs…).
    Et dans le cas de DSK, cela faisait bien longtemps que les média connaissaient ses penchants (a priori non repréhensibles sur le plan juridiques), pendant ce temps nous étions en quelque sorte les dindons de la farce ! (et je ne parle pas des femmes qui avaient décidé de voter pour lui !!)

    #1691

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