Trop c’est souvent trop !

Mardi 8 février 2011
publié par Emmanuel Eon

Autant le dire d’emblée, je ne suis pas favorable à une législation sur les conflits d’intérêt. C’est une fausse bonne idée. Cela va faire croire que la problématique de ces conflits -difficiles à définir- sera réglée, alors que ce n’est tout bonnement pas possible : comment proscrire à priori des relations entre hommes et femmes politiques avec le monde des affaires, de la médecine et d’autres secteurs d’activité qui aujourd’hui ne sont pas suspects mais qui pourraient le devenir dans le futur ?

Ce qui ne veut pas dire qu’il faut cautionner les liaisons vraiment dangereuses ou les « fautes de goûts »(n’est ce pas MAM…).

Dans ce cas, la solution pour se séparer d’un politique c’est de ne pas le réélire, point. Car contrairement à beaucoup de corps plus ou moins constitués, le politique possède une vertu très importante c’est la faculté qu’ont les citoyens de le virer assez facilement. Malheureusement cette faculté n’est pas assez utilisée…mais c’est un autre débat.

Les derniers exemples récents de mise en cause de dirigeants politiques (car il est à noter que les membres de l’opposition sont rarement mis en cause…sauf quand ils reviennent dans la majorité) ne sont, soit pas des cas de conflits d’intérêts, soit n’en seront probablement jamais caractérisés du point de vue juridique.

Il ne faut, malheureusement, pas confondre le droit avec la morale. Dans les sociétés très juridiciarisées souvent montrées en exemple il est possible d’être un criminel et ne pas être coupable (cas -extrême- d’un célèbre joueur de base ball US).

On remarquera également que lorsque le procès arrive, une large majorité d’entre nous (membres de l’opposition compris) pense que c’est trop tard et qu’il est vaint d’embêter un ancien président de la république élu deux fois au suffrage universel, à fortiori lorsque le préjudice a été réparé.

Il est par ailleurs dangereux de tomber dans une espèce de dénonciation tout azimut, notamment en faisant semblant de penser qu’un dirigeant politique de haut niveau peut vivre comme vous ou moi.

Un président ou un premier ministre fréquente des présidents ou des premiers ministres. C’est comme çà et çà toujours été comme cela, et cela ne devrait pas changer de sitôt. Et pis si ça plaît pas (c’est concevable) et ben à la prochaine élection on en élit un (ou une) autre qui passe ses vacances en France (le mieux étant qu’il ne prenne pas de vacances) qui paye toujours ses notes d’hôtels et de restaurants (attention un resto bien franchouillard pas cher, pas un mac do ni un ryad) qui roule dans sa propre voiture (une 204 immatriculée en Corrèze par exemple), etc etc… En clair ça va être compliqué. Que celui qui n’a jamais pêché…

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