Tunisie : la culpabilité franco-française
La crise tunisienne met une nouvelle fois en lumière un travers récurrent bien franco-français, la culpabilité.
Les média et les commentateurs politiques traitent avec la même importance la crise elle même -surtout ses origines et son évolution spectaculaire et dramatique et peu ses conséquences à moyen terme- et le positionnement des autorités françaises. Pas de surprise la diplomatie de notre pays a été et demeure nulle voire criminelle. La situation politique et sociale de la Tunisie c’est tout bonnement de notre faute.
Ceux qui, à rebours (c’est plus facile), auraient voulu que nous chassions Ben Ali du pouvoir, pourraient aussi nous expliquer comment nous aurions pu faire ? Comme les américains en Irak ? Ou plus ironiquement en envoyant des émissaires comme Jacques Verges et Roland Dumas (oui je sais elle est facile celle là, mais bon je ne pouvais pas m’en empêcher…).
La vérité c’est que le régime tunisien est soutenu par la France depuis de longues années sans rupture et ce quel que soit le gouvernement aux affaires. Il était même soutenu par le FMI et son directeur général…c’est dire. Au fait, quelles sont les autres démocraties occidentales qui ont combattu ce régime ? Certains critiques (Moscovici) sont les mêmes qui dénoncent l’acharnement de la diplomatie française à vouloir écarter Laurent Gbagbo du pouvoir en Côte d’Ivoire ! J’ai du mal à comprendre !
Oui, trois fois oui, dans un monde parfait – qui, comme chacun le sait, est limité géographiquement au boulevard St Germain- nous aurions du combattre ce régime dictatorial jusqu’à la mort (la nôtre). C’est d’ailleurs ce que nous faisons actuellement en Afghanistan…
Aujourd’hui, saluons le courage et la persévérance des tunisiens qui ont renversé non sans mal un dictateur. Aidons les à installer une vraie démocratie respectueuse des libertés génératrice de progrès économiques partagés par tous. Soyons dans l’action !


Analyse remarquable. Je bois du petit lait en vous lisant. Je vais prendre un billet d’avion, direction le « monde parfait du 75″ . En étant un peu plus sérieux, j’ai la triste impression de revivre le même scénario que le renversement du shah d’Iran. Attendons une petite année pour voir.
Bon WE
Pendant l’émission « à vous de juger » sur Fr2, Hubert Védrine n’a pas dit autre chose que l’important ce n’était pas le passé mais le présent et surtout le futur de la Tunisie. Il a même indiqué que le propre d’une révolution était sa soudaineté et que personne -même les opposants tunsiens exilés- n’avait rien vu venir. Ceci tout en soulignant qu’à part renverser le régime de Ben Ali par la force, la France n’avait pas grand chose d’autres à faire que de préserver ses intérêts, ce que les donneurs de leçons appelle soutenir un dictateur…
Par ailleurs un prêche dit « libre » a eu lieu ce vendredi dans une mosquée tunisienne, jusqu’ici fermée. En gros il a été question de récupérer la révolution tunisienne au profit de la religion et qu’il fallait combattre les méchants américains et européens… à aucun moment ce premier prêche « libre » n’a rendu hommage aux révolutionnaires tunisiens morts pour la liberté de leur pays.
Espérons que cela restera une démarche marginale…à suivre