Ethique de responsabilité

Mercredi 25 août 2010
publié par Ludovic Jolivet

L’explosion de violence qui a secoué à la mi-juillet Saint-Aignan, petite commune du Loir-et-Cher, a sidéré l’opinion. Il y avait de quoi. Plusieurs dizaines de gens du voyage qui attaquent une gendarmerie à coups de hache et de barre de fer pour venger la mort d’un des leurs, tué après avoir forcé un barrage. Un flot d’images inquiétant : boulangerie dévalisée, voitures qui brûlent, arbres tronçonnés, feux tricolores mis à terre… Tout cela dans une petite commune paisible…

Ces évènements, et les mesures de rétablissement de l’autorité de l’Etat prises en conséquence, ont mis le feu aux poudres au sein de la classe politique française. Ils ont inspiré la plume agressive (et volontiers donneuse de leçon) de nombreux éditorialistes étrangers. Ils ont fourni au Pape Benoît XVI l’occasion de vilipender l’action de la France. Ils ont, hélas, divisé.

Le chef de l’Etat est un homme d’action, attaché ardemment à l’autorité de l’Etat. Son style diffère sensiblement de celui de ses prédécesseurs. L’opinion publique quant à elle est par essence capricieuse et contradictoire. Elle ne fait que varier, bien fol est qui s’y fie. Toute à sa colère, elle exige de l’Etat une réaction, voire une sur-réaction. Puis, étant passée à autre chose, elle s’indigne… des effets de sa propre demande. En somme : soit l’Etat en fait trop, soit il n’en fait pas assez. Débrouillons-nous avec ça…

Mais, franchement, qu’attendent les Français de l’Etat ? En premier lieu que celui-ci leur garantisse sécurité et  liberté. Qu’il fasse appliquer la loi. Que chacun d’entre nous puisse vivre, dans la mesure du possible, en toute quiétude. C’est exactement ce qu’il fait aujourd’hui, dans le cadre strict de la loi. Nous n’ignorons pas pour autant les hommes, les drames, les vies misérables de certains de nos contemporains européens.

Il n’en demeure pas moins que les faits sont têtus et que chacun doit assumer ses responsabilités. Le sociologue Max Weber distinguait « éthique de conviction » et « éthique de responsabilité ». A force de mélanger les deux, on ne trouve pas une ligne directrice claire. Le rôle et la parole intemporelle de l’église, à travers l’évangile, constitue certainement un objectif à atteindre, à partager. L’Etat doit pour sa part se montrer pragmatique et apporter aux citoyens des réponses immédiates et concrètes à leurs besoins et leurs attentes.

Que chacun, dans ce contexte et ces circonstances délicates, fasse preuve de sagesse et de respect. C’est ce que demande le militant que je suis.

4 commentaires sur “Ethique de responsabilité”

  1. emmanuel

    Bravo Ludo. Il faut garder à l’esprit que les Rom dont il est question sont ceux qui ne respectent pas la loi (occupation illicite de terrains privés…) Si dans notre pays il est impossible de parler de ceux qui ne se conforment pas à la loi ! Cela ne nous empêche pas d’avoir de la compassion pour ces hommes, ces femmes et ces enfants qui sont perpetuellement « brinqueballés » d’un pays à l’autre.

    #1486
  2. dominique lambert

    Va pour l’éthique de responsabilité de Weber, et que fais tu du principe de responsabilité de Jonas ?
    (concernant par exemple nos amis les OGM attendus dans peu de temps(on attend toujours les OGM qui poussent dans le désert ou les OGM qui dépolluent les terrains, et on n’a que des OGM stériles c’est étrange).

    Et je ne suis pas certain que l’éthique webérienne ait été appliquée dans le « sauvetage des banques ».

    Quoi qu’il en soit, comme disait le biologiste Jollivet (avec deux l), l’approche globale y compris au niveau de l’éthique ne fait qu’opposer les démarches personnelles. Donc on s’appuiera sur l’éthique de responsabilité dans tous les cas….

    http://www.dominique-lambert.com

    #1487
  3. jakez

    Weber, jonas et Jollivet (avec 2l) : une fois de plus je n’y comprend rien.
    http://www.jakez-onrigole.com

    #1488
  4. dominique lambert

    Faut sortir, Jakez….

    http://www.jakezdoitécouterenclasse.com

    #1489

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