Retraites : Martine Aubry s’est reniée, elle n’est plus crédible
Une fois n’est pas coutume, évoquons un sondage. Il a été réalisé par l’IFOP et publié par Le Figaro dans son édition du 23 juin.
Pour 79% des personnes interrogées par l’institut, le financement des retraites est « un problème grave qu’il faut gérer d’urgence ». 18% des sondés considèrent de leur côté que c’est un sujet de préoccupation « mais qu’il ne nécessite pas forcément que l’on s’en occupe tout de suite ». Quant aux 3 % restants, ils estiment avec une sérénité quasi « New Age » que ce n’est pas un problème préoccupant. Grand bien leur fasse… Selon cette étude toujours, 58% des Français acceptent la retraite à 62 ans.
Pire pour Martine Aubry, 63% des personnes interrogées sont persuadés que si le Parti socialiste gagnait en 2012, il ne ramènerait pas à 60 ans l’âge légal de départ à la retraite.
Quelques rappels sur ce dernier point… Avant de devenir la madone des 60 ans, après avoir été celle des 35 heures, la première secrétaire du PS a plus qu’hésité.
Elle s’est reniée. Fin janvier 2010, elle a en effet effectué en direct live sur TF1 une spectaculaire volte-face quelques jours seulement après avoir évoqué publiquement la nécessité d’un départ à 61 ou 62 ans. A l’époque, Laurent Wauquiez, le secrétaire d’Etat à l’Emploi, avait résumé l’affaire : « la semaine dernière, elle a essayé de tenir un discours responsable sur les retraites, aujourd’hui elle se contente de battre en retraite en rase campagne ».
Ce virage sur l’aile ne lui a pas valu que des applaudissements dans son camp. Dominique Strauss-Kahn n’est pas à notre connaissance revenu à ce jour sur son appel à ne pas faire des 60 ans d’âge légal de départ à la retraite un « dogme ». Michel Rocard, ancien Premier ministre de François Mitterrand, auteur d’un livre blanc sur les retraites, a jugé que « en faisant de l’âge légal un symbole, le PS est encore en train de se tromper de combat ». Rien que ça ! Quant au président de la Cour des comptes Didier Migaud, ancien député PS de l’Isère, il a estimé dans un entretien au Monde que « pour répondre aux problèmes de financement à court et moyen termes, il faut agir sur l’ensemble des paramètres », y compris donc l’âge légal de départ.
Sans oublier, last but not least, le maire PS de Lyon, Gérard Collomb, qui a déclaré sur l’antenne d’Europe 1 : « Lorsque la gauche sera confrontée à l’exercice du pouvoir, elle sera bien obligée de prendre en compte les réalités ».
Une phrase qui a le mérite de la franchise mais qui laisse mal augurer des aptitudes du PS version Martine Aubry à assumer « l‘exercice du pouvoir ».

