De Gaulle, le foot : Grandeur et décadence

Samedi 19 juin 2010
publié par Olivier Boyer

De quelle France parle-t-on ?
Il est rare que réflexions et valeurs s’entrechoquent, voire se percutent, à un tel point dans notre « cher et vieux pays » comme disait le Général de Gaulle.
Sur un versant de la montagne, il y a la célébration unanime du magnifique Appel du 18 juin et l’écho extraordinaire qu’il a rencontré en Bretagne, et tout particulièrement à l’île de Sein devenue pour l’éternité un quart combattif de la France.

Sur l’autre versant, moins ensoleillé, il y a les pauvres turpitudes de quelques irresponsables en short qui n’en finissent pas de salir universellement l’image de notre Nation et même, et c’est bien sûr pour eux l’essentiel, leur propre valeur marchande.
De quelle France parle-t-on ? Allons, préférons tous de Gaulle ! C’est tellement, tellement mieux. Mais prenons conscience que le ridicule de nos pantins à crampons nous nuit dans des proportions insoupçonnées dans le contexte d’une troisième (ou xième) guerre mondiale qui, comme chacun le sait, est en grande partie médiatique.
« La politique de la France ne se fait pas à la corbeille », a-t-on prêté au Général de Gaulle, dans la lignée de son non moins célèbre « L’intendance suivra ». Hélas aujourd’hui, les de Gaulle ne se pressent pas au portillon. Parmi ceux qui s’enorgueillissent encore aujourd’hui du titre, non labellisé à notre connaissance, de ‘’gaulliste’’ de cœur et de conviction, combien ont seulement fait leur service militaire ? Combien ont sacrifié 10, 12 ou 24 mois (voire plus) de leur temps à l’intérêt général, au service de la Nation ? Beaucoup d’entre eux, des anciens -mais pas seulement eux-, ont fait ce sacrifice, et ils restent tels qu’ils ont toujours été, conscients d’avoir fait ce qu’ils percevaient comme leur simple devoir, humbles et modestes dans la manière de l’évoquer, évitant absolument d’en retirer une quelconque gloire. Mais les autres, tous les autres ?

Il est dommage que la stupidité chronique de certains mauvais manieurs de ballon ait pu détourner la France de ce rendez-vous avec elle-même. « La pelle du 17 juin » – comme l’a qualifiée « L’Equipe » – de la bande à Ribéry et Anelka est sans importance aucune. Mais elle a malheureusement occulté dans les médias l’éclat de la commémoration de l’Appel. La mémoire de ce texte fondateur, si bien écrit et quasiment baigné par la grâce, rédigé par un général de brigade à titre temporaire inconnu, obscur sous-secrétaire d’Etat à la guerre d’un gouvernement agonisant, mais qui a su réveiller par sa révolte, par son refus, l’énergie vitale du pays. La France n’a heureusement pas besoin du foot pour briller. Elle possède une âme, un esprit que de Gaulle a compris et exprimé, qui lui survit et continue sa course bien après lui.

« Sur la pente que gravit la France, ma mission est toujours de la guider vers le haut, tandis que toutes les voix d’en bas l’appellent sans cesse à redescendre. Ayant, une fois encore, choisi de m’écouter, elle s’est tirée du marasme et vient de franchir l’étape du renouveau. Mais, à partir de là, tout comme hier, je n’ai pas à lui montrer d’autre but que la cime, d’autre route que celle de l’effort ». C’est signé Charles de Gaulle, en conclusion des « Mémoires d’Espoir ».

Cette invitation à la recherche de l’excellence, à la réforme déterminée et courageuse de ce qui fonctionne décidément mal, à la remise en cause des pseudo-acquis et des blocages mortifères n’a pas pris une ride. Elle nous parle. A tous, sans la moindre exception ! A côté de cela, le sort de quelques guignols aux pieds carrés et aux comptes ronds, c’est vraiment zéro…

Un commentaire sur “De Gaulle, le foot : Grandeur et décadence”

  1. emmanuel

    les gens, même les amateurs de foot dont je fais parti, ont suffisament de recul pour ne pas mélanger l’Histoire avec le foot.
    Le foot c’est l’immédiateté, parfois du plaisir intense, parfois des larmes vites séchées, c’est aussi de la convivialité (tout le monde se rappelle ou et comment ils ont suivis la finale de 98 par ex). L’Histoire ça reste ancrée profond même si on peut regretter de ne pas parler suffisament !
    Si l’on parle en ce moment beaucoup de l’équipe de France de foot, tout le monde sait bien, au fond, que c’est de la pure futilité.
    En comparant les footeux et leur pauvre esprit d’équipe avec le général de Gaulle ont met une forme de pression incongrue sur les sportifs qui n’ont pas demandé une telle comparaison, et on abaisse le niveau « historique » du personnage qui n’avait pas demandé ni cherché lui non plus cette comparaison !
    Laissons les choses à leur juste place.

    #1460

Laisser un commentaire