L’ouest breton, grand perdant des années Le Drian
Pour les Bretons en général, et les Finistériens en particulier, le mandat Le Drian présente un goût amer. Comme elles paraissent loin les gesticulations médiatiques de l’homme au ciré jaune au cours de la campagne de 2004. Ses promesses d’équilibre entre territoires bretons, notamment, n’ont pas tenu la marée.
Pendant les années Le Drian, l’inégalité entre la Bretagne proche de Paris et la Pointe de Bretagne, abandonnée de fait à son handicap de zone périphérique, n’aura cessé de s’accroître dans l’indifférence générale des décideurs – qu’ils soient élus majoritaires ou fonctionnaires territoriaux – d’un Conseil finalement presqu’à moitié régional.
Le Général attend toujours
Jeudi 25 février lors d’un meeting à l’EMBA de Quimper rassemblant 300 militants et sympathisants, Bernadette Malgorn a développé sa pensée sur ce thème austère mais fondamental : le nécessaire rééquilibrage entre Pôle rennais et Bretagne occidentale, autour de ce magnifique projet que représente « Brest seconde métropole de Bretagne ». Un thème que nous avons largement débattu au sein de la 1ère circonscription à l’initiative de Ludovic Jolivet et avec le précieux concours de Guy Guermeur.
Symboliquement – mais quel symbole ! – l’intervention de la tête de liste de la Majorité présidentielle était précédée d’un rappel sur grand écran de l’engagement énergique et résolu du général de Gaulle, aux accents inimitables, en faveur du désenclavement de la Bretagne à l’occasion de sa visite à Quimper le 2 février 1969.
Fractures et factures
« Quarante ans après le discours de Quimper, où en sommes-nous ? », attaque Bernadette Malgorn, insistant d’emblée sur l’ardente obligation d’achever la RN 164. « Le déséquilibre au sein de la région s’est aggravé au détriment de l’ouest breton qui souffre et risque de décrocher. La majorité sortante n’a rien fait pour le résorber. Elle s’est contentée de paroles. Les socialistes n’ont rien décidé, rien anticipé ». Il est vrai qu’ils étaient bigrement occupés à gérer l’incompatibilité entre les positions des communistes, « productivistes et industrialistes » et celles des Verts, partisans de la décroissance économique.
Et le TGV ? « Nos grandes villes sont toujours à 2 heures de la capitale régionale ». Et le très haut débit ? La fracture numérique est devenue une facture, qui a été payée par le Conseil général… du Finistère.
« Tout ceci met à mal la cohérence régionale. Le rééquilibrage ouest-est est urgent et nécessaire. C’est l’une de nos grandes priorités avec l’emploi, notamment celui des jeunes ».
Bretagne incomplète
Pourquoi dessiner la Bretagne ? « Parce qu’il manque pour l’instant le centre Bretagne et l’ouest Bretagne », souligne Bernadette Malgorn. La Majorité présidentielle s’est donné pour mission de redonner à cette région qui penche beaucoup plus à l’est qu’elle ne penche à gauche, son vrai visage.
Ce qui passe par la création d’un « véritable pôle métropolitain avec Morlaix et Lannion au nord, jusqu’à Lorient au sud, un triangle de développement permettant d’entrer dans l’économie de la connaissance ».
Rayonner et diffuser
« Poignant a voulu proclamer son indépendance et abandonner la coopération avec Brest. Alors qu’en réalité le développement de Quimper et de l’ensemble de la Cornouaille passe par ce pôle de coopération de l’ouest breton. Nous avons besoin de cette taille critique, d’une intelligence rassemblée.
Ce pôle métropolitain de Bretagne occidentale a vocation à rayonner, à diffuser vers son environnement. Contrairement à la vision socialiste du chacun pour soi. Il faut pour cela une volonté forte.
Un Conseil régional, ce n’est pas un bureau d’études, c’est une instance politique qui doit agir ».

