Régionales. Les craintes à gauche de Le Drian
Personne à gauche n’imagine que Jean-Yves Le Drian puisse être devancé au premier tour, ni que sa présidence vienne à lui échapper. Pour autant, le leader socialiste semble mal à l’aise. Son souci? La floraison de listes concurrentes, au premier rang desquelles celle des Verts et de l’UDB, menée par Guy Hascoët.
Voici un an, les européennes résonnaient comme un coup de tonnerre dans le ciel serein des socialistes bretons: pour la première fois, ils étaient relégués au rang de deuxième parti de gauche, à0,25% derrière Europe Écologie. Un résultat qui, aux yeux du président de la Bretagne, ne pouvait que changer aussitôt le statut de ses alliés Verts etUDB: ils étaient désormais des concurrents potentiels pour les régionales qui, déjà, se profilaient à l’horizon. Logiquement dopés par leurs 17,26%, ils ont effectivement décidé de mener leur propre liste au premier tour. Au grand dam du président, chagriné de voir ainsi sa majorité si loyale durant six ans, s’éparpiller ainsi.
Leader de poids
Il peut être d’autant plus chagriné que la liste Europe Écologie Bretagne a su se trouver un leader de poids en la personne de Guy Hascoët. À 49 ans, il peut afficher un CV qui n’a rien à envier à celui de Jean-Yves Le Drian. Comme lui, il a été secrétaire d’État et député, et il a l’expérience des affaires communales et métropolitaines (à Lille) mais aussi régionales (vice-président de la région Nord-Pas-de-Calais). Comme lui, c’est un homme avenant doublé d’un bosseur sérieux: on a vu comment il s’est imprégné en quelques semaines des dossiers bretons, au point de pouvoir aujourd’hui en débattre comme s’il était élu sortant. Guy Hascoët est aussi un habile négociateur. Il l’a prouvé dans son parti, dans sa région d’alors comme au gouvernement. Et, tout récemment, en réussissant à faire l’unanimité des Bretons Verts etUDB sur son nom. Ce n’était pourtant pas gagné d’avance: Manceau d’origine, Lillois et Parisien de carrière, retiré de la politique depuis plusieurs années, il était regardé de travers comme peuvent l’être un parachuté, doublé d’un cheval de retour. Lui-même n’était pas chaud pour y aller. Il a fallu toute l’amicale persuasion des conseillers régionaux Janick Moriceau et Michel Balbot, ainsi que du secrétaire régional des Verts Stéphane Bigata pour le faire sortir de sa maison de Trébeurden (22) où il a élu domicile voici quelques années.
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