Bernadette Malgorn : Formation? En finir avec le paradoxe breton
Les réflexions menées depuis plusieurs mois par les groupes de travail constitués autour des porteurs du projet « Ensemble, dessinons la Bretagne » de la Majorité présidentielle ont permis d’arrêter quatre thèmes constituant le socle de notre programme régional. Voici le premier des 4 thèmes.
La Bretagne est réputée pour être «l’académie de toutes les réussites ». Pourtant trop de jeunes doivent quitter la région ou se contenter, en Bretagne, d’un emploi ne correspondant pas à leur formation ou à leurs aspirations. Nous voulons inverser la tendance.
Notre pacte de confiance, c’est :
Créer un « Breizh Campus » associant les mondes de l’entreprise, de l’université et de la formation professionnelle.
Multiplier les formations, y compris de haut niveau, par la voie de l’apprentissage au travers d’un réseau de « facultés des métiers ».
Aider les jeunes apprentis issus des familles les plus modestes à passer leur Permis de conduire.
Offrir un vrai Service régional d’orientation permettant aux élèves, aux familles, aux apprentis, aux adultes, de trouver une information claire et personnalisée correspondant aux choix de chacun.
Associer tous les acteurs publics et privés de la formation, y compris l’enseignement agricole et les Maisons familiales rurales.
Proposer un label « Lycée-Entreprises », au niveau des bassins de vie, pour renforcer le lien par le biais de tutorat entre les jeunes et les entreprises qui sont à leur porte.
Implanter des « internats d’excellence » offrant aux élèves et apprentis les plus méritants, et à notamment à ceux issus des milieux modestes, les moyens matériels et pédagogiques à la hauteur de leurs ambitions.
Accorder une « aide aux devoirs » (sur des critères sociaux) pour les jeunes les plus en difficulté.
Reconnaître le droit à l’échec et offrir à tous une deuxième chance, avec un véritable soutien aux « décrocheurs », ceux qui échouent au niveau du premier cycle universitaire.
Développement : miser sur la « croissance verte »
Ce sont les entreprises qui créent les emplois. Celles-ci sont confrontées à une crise qui ne s’est pas arrêtée aux portes de la Bretagne. Elles ont des défis majeurs à relever.
Notre pacte de confiance, c’est :
Associer les agriculteurs, les industries agroalimentaires et les Bretons pour faire coexister une agriculture écologiquement intensive, une agriculture biologique et une agriculture des terroirs orientée vers les circuits cours de distribution.
Anticiper les mutations industrielles et aider à la formation des salariés pour s’adapter aux emplois de demain.
Accompagner l’évolution des entreprises sous-traitantes du secteur automobile vers la construction des véhicules décarbonés et vers de nouveaux secteurs d’activité.
Mettre l’action régionale en priorité au service des Petites et moyennes entreprises qui constituent le tissu économique de la Bretagne. De nombreuses opportunités s’ouvrent à elles avec la « croissance verte »
Soutenir les professionnels de la mer pour développer des pratiques soutenables et valoriser leurs produits par la création de labels AOC.
Elaborer avec les acteurs du tourisme des produits innovants autour d’une Bretagne authentique pour capter de nouveaux marchés, et contribuer au renouvellement et à la modernisation de l’offre hôtelière et de restauration.
Accompagner le passage des « auto entrepreneurs » à la création ou la reprise d’entreprises.
Promouvoir les technologies « vertes » dans la rénovation et la construction de bâtiments neufs.
Recherche : parier sur les secteurs d’avenir
La recherche est un des leviers essentiels de la croissance. Il faut favoriser les domaines les plus porteurs pour notre Bretagne.
Notre pacte de confiance, c’est :
Promouvoir la recherche dans les secteurs clefs de la mer, des biotechnologies, des énergies renouvelables et des nouvelles technologies de l’information et de la communication.
Faire de la Bretagne le laboratoire de la recherche alimentaire et de l’excellence sanitaire.
Amplifier la venue d’enseignants-chercheurs étrangers en favorisant les partenariats public/privé
Candidater la Bretagne au Grand Emprunt sur un projet associant la formation, la recherche et les entreprises.
S’engager dans le développement des procédés de méthanisation des déchets, notamment pour les algues vertes. La Bretagne doit devenir leader dans ce secteur comme celui des énergies renouvelables


Certes, avec un budget régional de 1 150 M€, lorsque celui de l’Ile et Vilaine s’établissait à 915 M€ en 2009 ou encore celui du Finistère projeté à 681 M€ en 2010, avec chacun une emprise territoriale bien plus étroite.
Comment créé-t-on un Campus sachant que cette matière relève de l’Etat. Serait-ce un projet de création d’un Pôle de recherche et d’enseignement supérieur regroupant les 4 université bretonnes voire 5 avec l’Université de Nantes, selon la modèle du premier PRES Paris Cité venant d’être signé début février (avec notamment Paris 3 Sorbonne, Paris 5 Descartes, Paris 7 Diderot, Paris 13, Sciences Po., EHESP). Ce serait une belle force de frappe académique avec autant de potentialités en puissance, seulement je pense que l’impulsion relève du Ministère et des directeurs d’établissement et non de l’exécutif régional.
A cet égard, la région détient une compétence partagée au regard des lycées (bâti) et de la formation professionnelle.
Par ailleurs je saisis mal l’oxymore « écologiquement intensive », une agriculture éprouve forcément son mezzo-environnement, l’empreinte écologique n’est pas neutre.
Cela ne veut pas dire qu’il faille achever la filière déjà mise à rude épreuve, mais il faut produire moins mais de façon responsable. L’ère de la consommation de masse où la qualité n’est qu’accessoire atteint son point de chute. D’autant plus qu’il génère de l’emploi très peu qualifié et harassant, faisant certes vivre des familles, mais ne retenant pas forcément les jeunes parmi les mieux formés de France.
Les négociations à venir dans le cadre de la PAC dès 2011 seront cardinales, la Bretagne présente à Bruxelles devra faire preuve d’aplomb sur ce sujet, quelle que soit la teinte politique au sortir des urnes le 21 mars.
La vocation de la Bretagne est-elle d’exporter en Europe des produits à faible valeur ajoutée dégradant notre qualité de vie (algues vertes et autre, je ne ferais pas de poèmes), de verser dans la surproduction (subie voire souvent de façon sournoise choisie délibérément afin de souscrire aux aides européennes), ou bien de réduire la voilure des ambitions et se recentrer sur une autosuffisance du territoire national.
Les excédents et produits disposant d’un avantage concurrentiel, par ailleurs respectueux de la biodiversité, seraient seuls dédiés à l’export. Il y a des choix de modèle économique à réaliser, des reconversions à opérer.
Chacun devant assumer les responsabilités qui seront les leurs en la matière, et St-Ex (dont la paternité de la maxime reviendrait au poète libanais Khalil Gribran) de s’en trouver honoré, en toute simplicité mais si moral déjà, « nous n’empruntons que la terre à nos enfants, ne l’héritons en rien de nos parents ».
Cordialement,
« Ecologiquement intensif » n’est un oxymoron qu’à partir du moment où l’on place derrière chaque terme les imageries populaires qui collent à la peau de ces deux termes.
L’écologie, science et vision du monde, n’est pas automatiquement liée à la décroissance. Quant à l’intensivité, elle n’est pas le synonyme de la dégradation du milieu de vie.
La voie de la sagesse (maxime grecque cette fois ci) est d’allier les contraires, d’harmoniser les opposés.
Réconcilier économie et écologie est la voie du Parti Radical. J’invite J. Abbassene à nous rejoindre.
@Dominique,
Derrière un vocable, s’enroule essentiellement le signifiant et le signifié, cela relève de linguistique, je ne suis en rien érudit à ce stade.
Il ne s’agit pas de représentation singulière que se font les acteurs mais bien du sens commun de chaque terme admis pris à part.
Tout comme le développement durable est un oxymore, écologiquement intensif en est un autre encore plus prégnant du fait de la connotation du terme intensif. Sous-tend quelque chose que l’on éprouve.
Les choses m’échappent peut-être, ou alors les mots n’ont plus de sens.
Quant à la décroissance, reprenons nos cours de macro-économie au besoin, la croissance n’est pas simplement tirée par la consommation de biens.
Dire des capacités productives qu’elles s’inscrivent de façon providentielle dans une optique responsable, ne laisse aucunement place à quelconque tension entre les composantes de la croissance.
Je m’inscris pleinement dans le sillage des positions sages, économie se nourrit de l’écologie, c’est mon versant capitaliste certes. Je vois mal comment l’on peut déformer des politiques publiques par le prisme de l’empreinte environnementale sans fondement au préalable.
Il ne s’agit pas de rédemption mais bien d’immanence en quelque sorte.
Le système de partis m’importe peu présentement, pour moi ce n’est pas un pisalée.
D’autre part je ne suis pas certain que l’obédience soit en osmose avec mes représentations profondes que je me fais du corps social, bien que j’eusse l’occasion de rencontrer monsieur le Ministre Jean-Louis Borloo, et de l’apprécier pour sa hauteur de vue et sa capacité à se déprendre des schémas préconçus, ceux confinant à la bien-pensance.
Il m’importe d’expliciter lorsqu’on le peut, d’éclairer les débats, j’aime cette instantanéité, ce qui innerve la chose publique en quelque sorte. Je m’élève contre résignation et opportunisme en revanche.
Mon engagement prend d’autres formes sur le territoire, bien plus en phase avec mes aspirations du moment, je demeure éveillé à cet égard.
Cordialement,
A jérôme
« Il ne s’agit pas de représentation singulière que se font les acteurs mais bien du sens commun de chaque terme admis pris à part. »
C’est bien cela le problème : cette représentation biaisée que se fait l’homme de la rue, croyant (il s’agit bien ici de croyance voire de religion)qu’il faille polluer pour se développer, ou que la protection de la nature induise une quelconque décroissance.
Il conviendrait de placer dans croissance d’autres indices que le simple PIB pour lequel une surproduction d’anxyolitiques est positif : équité, intensité et efficacité des flux économiques, isonomie, cadre de vie, accès à la culture sont également à considérer dans la croissance.
Casser les paradigmes , réensemencer les imaginaires, réconcilier la loi (nomos d’économie) et le chant du monde (logos d’écologie) et enfin réconcilier l’humanisme et l’écologie, sont mes objectifs et certainement ceux de mon Parti.
« Le système de partis m’importe peu présentement, pour moi ce n’est pas un pisalée. »
Etonnant pour un étudiant de sc po vous devez bien savoir que cette constitution donne la part belle aux partis.
« Je m’inscris pleinement dans le sillage des positions sages, économie se nourrit de l’écologie, c’est mon versant capitaliste certes »
En quoi est ce le travail du capital?