Quimper : cette gauche qui ferme les écoles

Lundi 21 décembre 2009
publié par Olivier Boyer

Chacun sait maintenant que le maire de Quimper a accepté en toute quiétude de fermer trois écoles dans sa ville : Jules-Ferry, Les Pommiers, Petit-Parc. La question n’est pas de condamner un homme, Bernard Poignant, mais de mettre les choses en perspective.

Qui est pour cette fermeture autoritaire ? Bernard Poignant et Denise Cariou, experte en chiffres et tableaux si l’on en croit les médias, et officiellement responsable des affaires scolaires. Tous les autres, ou presque, hormis les gens aux ordres, sont contre.
Qui est contre ? D’abord les parents. « Le risque est qu’on se souvienne de vous comme de celui qui a fermé les écoles du centre-ville », a lancé un père de famille à Bernard Poignant. Une formule qui résume bien la déception, l’incompréhension et l’agacement de ceux qui pensent avant tout à l’avenir et au bien-être de leurs enfants sans se soucier de postures politiciennes et idéologiques.

Qui est contre aussi ? Beaucoup de membres de la majorité municipale quimpéroise, qui font cette fois-ci preuve de bon sens, mais n’osent pas trop le dire. Daniel Le Bigot invite toutefois le maire à « prendre du temps pour engager le dialogue ». Bel effort. Enfin, une preuve de l’’existence des Verts à Quimper !

Poignant, l’homme qui ferme

Face à cela, que prétendent le maire et ses soutiens ? « J’ai entendu que l’on fait le jeu du gouvernement, mais on ne peut être passif sinon on est complice », a déclaré Bernard Poignant. Complice de quoi ? Pourquoi laisser penser ainsi que la Majorité Présidentielle veut fermer les écoles quimpéroises ? C’est ridicule. La formation est bien au contraire une priorité du Gouvernement. Bernard Poignant le sait bien, mais lui, dans les faits, ferme les écoles. Et il se défausse sur les autres. Une attitude regrettable et étonnante qui ne lui ressemble pas. Il prétend « assumer », alors qu’il renvoie la balle à l’inspection d’académie. Hélas pour Monsieur Poignant, plus personne ne se contente ici de belles phrases creuses et vides de sens. Concrètement : que deviennent les enfants ? Où iront-ils ? Comment s’organiseront leurs parents ? C’est bien là l’essentiel. Bernard Poignant ne répond pas.

Denise Cariou : 80 élèves et alors ?

Il n’est pas certain que Bernard Poignant ait ces questions très « basiques », très « matérielles » à l’esprit. Mais assume-t-il pour autant sa position? Oui et non. Il semble avoir inventé un concept novateur : la concertation post décision. « J’assume ce choix jusqu’au bout, il n’est pas dans mon intention d ‘en changer », déclarait-il à la presse sur un ton martial en plein « dialogue » avec les parents d’élèves. Il faut reconnaître que le jusqu’au-boutiste maire de Quimper n’est guère aidé par son adjointe aux affaires scolaires, Denise Cariou, qui s’est fendue récemment de cette magnifique formule : « Est-ce que 80 élèves en centre-ville le font vivre ? » Au-delà de la pauvreté de la syntaxe, on peut s’étonner du fond de la pensée de Mme Cariou : en somme, d’après elle, 80 élèves + leurs parents + leurs proches+ leurs amis = rien, ou pas grand-chose.

Mépris soft

Source : Ouest-France

Cette forme édulcorée et non avouée de mépris n’est pas passée inaperçue. Même les très disciplinés Gilbert Gramoullé et Piero Rainero se sont émus d’une méthode qu’ils estiment « trop brutale et trop technocratique ». Plus franchement, Ludovic Jolivet, au nom du groupe d’opposition, a montré du doigt l’erreur fatale : concertation, niveau zéro ! « Nous avons appris la fermeture des trois écoles par la presse, comme tout le monde. Nous n’en comprenons pas la logique, ni sur le fond ni sur la forme ».

Dans sa grande bonté, la révolte des parents se faisant pressante, Bernard Poignant a reconnu un « effet de surprise » et concédé que la méthode n’était pas « idéale ». Si l’on était gentil, nous dirions que ces regrets tardifs relèvent de la plaisanterie de mauvais goût. Si l’on était méchant, nous dirions que la majorité de gauche emploie des méthodes très éloignées des pratiques démocratiques les plus élémentaires en matière d’association des citoyens à la décision publique. Donner sans relâche des leçons de morale est un exercice délicat et fastidieux. Les élus de gauche ne s’en lassent pas. Mais tous les autres ???

Alors pour conclure, faisons simple. Qui ferme les écoles à Quimper ? C’est Poignant et sa majorité ! Qui donne des leçons à la terre entière ? C’est Poignant et sa majorité ! Qui est en train de faire de Quimper un musée et un eldorado touristique ? C’est Poignant et sa majorité ! Tout le reste n’est que bavardage et billevesée.

11 commentaires sur “Quimper : cette gauche qui ferme les écoles”

  1. FLL

    Qui surcharge les classes à plus de 30 élèves dans les collèges ? Votre gouvernement. Qui a supprimé 40 000 postes d’enseignants depuis 2002 ? Votre majorité.
    Autant je désapprouve ces fermeture de classe à Quimper. Autant vous êtes mal placés pour donner des leçons. Au contraire, un conseil : faîtes profil bas. La politique scolaire que vous défendez au niveau national est honteuse et régressive.

    #1206
  2. patoche

    Et pourquoi ferions nous profil bas M. FLL, Qui êtes vous pour nous intimez des phrases de ce genre. la honte et la régression, c’est vous qui l’avez mise ne place après tant d’année au pouvoir et qui a laissé la France dans cet état!

    #1207
  3. JB

    FLL,
    Comment canaliser la dépense publique sans intervenir dans la réduction des effectifs de la fonction publique ?
    C’est la question primordiale à poser avant de dénoncer la réduction de postes.
    ou alors vous expliquez aux Français, comme Didier Migaud, l’augmentation de l’imposition sur le revenu pour justifier de la conservation de ces postes ?
    Si vous avez un financement clair et précis à nous dévoiler, nous sommes preneurs.
    En attendant, les Français se dirigent de plus en plus vers l’école privée. L’école publique doit elle balancer la faute sur Sarkozy quand elle n’arrive pas à résoudre ses propres problèmes ?
    Les ministres sont ils fautifs du désamour envers l’enseignement publique ?

    #1208
  4. FLL

    Les effectifs de l’enseignement public sont en hausse. Demandez le aux chefs d’établissements. Je suis bien placé pour vous le dire.

    #1209
  5. bisounours

    l’augmentation du nombre d’enseignement n’a -malheureusement- pas élevé le niveau et/ou la qualification des élèves, tout le monde le sait, même les enseignants. Mais comme n’importe quel corps de métier, ils préfèrent tjs être plus nombreux, travailler moins, être mieux payés…on va dire c’est humain.
    La politique de la droite c’est de dire moins d’enseignants car moins d’élèves (c’est mathématique), plus d’efficacité (moins de matières péréphériques certes sympas mais peu utiles), également des enseignants mieux payés (et oui!).
    Quelque fois il faut fermer des classes ou des écoles : dans ce cas faut surtout expliquer pourquoi et comment en amont, ce que n’a pas fait B Poignant car il a du croire en une espèce de légitimité intellectuelle de fait (ou complexe de supériorité c’est pareil)

    #1210
  6. FLL

     » Travailler moins » « être mieux payés » dîtes vous ! Si cela pouvait être vrai. Comme je ne suis pas dans la polémique stérile, voici un lien objectif qui prend le contre-pied de ce que vous prétendez : http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/schumaines/ses/Pages/Lessalairesdesprofs.aspx

    Les enseignants du secondaire ont perdu 25 % de leur pouvoir d’achat en 20 ans alors que le niveau de recrutement des professeurs est passé à la maîtrise, soit bac +4 !!!

    Les enseignants sont-ils mieux payés depuis l’élection de Nicolas Sarkozy ? La réponse est non. Je me souviens du rapport que le candidat Sarkozy avait demandé à Monsieur Darcos. Celui-ci promettait une revalorisation des salaires et des carrières des enseignants. Monsieur Darcos a fait un court séjour au Ministère de l’Education nationale et la revalorisation du pouvoir d’achat des profs est passée aux oubliettes.

    A tous ceux qui pensent que ce métier se limite aux 18 heures passées devant les élèves, je leur rappelle que les enseignants ont un temps de présence en établissement bien supérieur au temps passé devant les élèves. A cela vous ajoutez la préparation des cours (les programmes sont amendés chaque année et les profs devant s’adapter aux nouvelles technologies, ce que je trouve normal, les cours doivent donc être revus et améliorés pour être intéressants et captivants), la correction des copies… On dépasse facilement les 35 heures. Je ne trouve pas ça choquant et je ne suis pas un adepte de la RTT mais je trouverai normal que tout ce temps de travail soit pris en considération et rémunéré. Dans le privé, vous ne travaillez pas gratuitement, vos heures supp vous sont bien payées. Dans l’Education nationale, on ne compte que les heures supp devant élèves !

    Enfin, à ceux qui répondront que nous avons plus de vacances. Sachez, si vous ne le savez déjà, que les enseignants ne sont pas rémunérés pour les vacances d’été et cela depuis un décret de la IIIe République. Seuls les vacances de Toussaint, Noël, hiver et printemps comptent comme congés payés.

    Je pense qu’il faudrait en finir avec cette mise au pilori des profs. Le malaise de cette profession est profond. Il y a bien paupérisation des enseignants. Aujourd’hui un prof avec 5 ans d’ancienneté est moins bien payé qu’un routier ! Accepteriez vous, avec un tel niveau d’études cette situation ? Je ne le crois pas…

    Lisez l’étude que je vous propose dans ce lien. Tout y est et en plus, elle n’est pas subjective, puisqu’on me rétorquera probablement que je suis un affreux gauchiste, responsable de la dette publique et autres sottises. Je vous rassure, je n’ai pas connu Torquemada…

    #1211
  7. bisounours

    FLL : on dirais du Zola ! c’est exactement en tenant de type de propos que vous vous décrébilisez !Prenez un peu de recul, regardez ce qui se passe autour de vous et faites attention avec votre complexe de supériorité : les routiers ont autant besoin de respect que vous !
    bonne année quand même.

    #1212
  8. FLL

    Vous n’avez que du mépris. Je n’ai aucun complexe de supériorité, seulement l’impression d’être pris pour un imbécile par des gens comme vous. Vous me demandez de regarder autour de moi ! Avez vous pris le temps de lire l’article posté en lien ? J’en doute. Je regarde autour de moi, notamment le traitement des enseignants partout ailleurs en Europe…
    Vous n’avez qu’un seul but : favoriser l’enseignement privé et mû par votre idéologie libérale, casser l’enseignement public. Je reconnais que votre gouvernement s’y prend avec beaucoup d’habileté. Quand au PS, il nous a bien oubliés lui aussi.

    #1213
  9. Karl

    La virulence des propos des défenseurs de l’UMP et l’absence de pédagogie dans le discours est la preuve du manque de crédibilité de ce parti.

    #1269
  10. patoche

    Trop de pédagogie tue la pédagogie.Revenir aux fondamentaux est probablement le meilleur moyen de remettre la pédagogie à l’honneur, et de tourner le dos aux dérives des pseudo sciences de l’éducation.Ou est le manque de crédibilité et la virulence des propos?c’est plutôt votre aveuglement car « VOUS » avez toujours raison et les autres on tort! c’est trop facile.

    #1270
  11. dominique lambert

    Karl.

    Dans l’hypothèse où vous auriez raison, le PS resterait tout de même l’idiot utile des « ultralibéraux » que FLL dénigre.

    Le manque de crédibilité du parti socialiste est également patent.

    #1274

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