Copenhague : La grande réorganisation ?

Mercredi 9 décembre 2009
publié par Dominique Lambert

FAITS & OPINIONS : Image de la rubrique FAITS & OPINIONS par Dominique LambertCopenhague comme Yalta ? La comparaison, entendue de ci de là au cours des réunions, se tient tant les conséquences seront primordiales sur le destin d’une planète et de ses habitants, de tous ses habitants, humains et non humains. C’est un même fond apocalyptique qui sous-tend les débats, au cours desquels se confrontent des vues, tout comme à Yalta, pour le moins dogmatiques.

Quel fond apocalyptique ?

Une chute de la biodiversité et de la productivité globale, une modification chimique océanique, une dilatation et remontée des eaux sont les conséquences immédiates du réchauffement océanique. Le réchauffement des eaux stockées sous forme de glace provoquera  désertification et remontée des eaux océaniques. Mais aussi la mise en action de ce qu’on appelle des boucles de rétroaction positive, qui amplifieront éternellement le phénomène, comme par exemple le déstockage des gaz à effet de serre prisonniers dans les cristaux de glace ou les sols gelés. Les conséquences ultimes sont la destruction de 50% des espèces vivantes, faim chez l’homme, migrations massives et guerres.

Quelle solution ?

Il n’y en a qu’une : le facteur 4. C’est à dire une diminution de 80% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 avec un stade de -25% en 2020. Il s’agit donc de contrôler drastiquement les émissions mais aussi de restaurer les stocks géologiques, biologiques ou chimiques de carbone : captation des gaz et refoulement  sous terre, restauration des forêts primaires tropicales ou boréales, contrôle chimique du taux de carbone dans les eaux océaniques. C’est ce qu’on appelle les puits de carbone.

Qui est concerné ?

Les pays occidentaux sont incriminés pour les émissions, tout comme les ateliers du monde que sont l’Inde et la Chine. Mais le Brésil ou l’Indonésie sont par exemple les quatrième et sixième pollueurs du fait de la destruction des forêts et des récifs de coraux. Les pays les plus pauvres sont aussi concernés par leur activité de dégradation des puits de carbone comme les sols et les forêts.

arton7La plus grande démocratie et le plus difficile des ouvrages

192 pays sont représentés : mieux que Yalta où seules deux puissances et demie se sont assises sur une troisième, vaincue, pour se partager le théâtre mondial. Une multitude d’intérêts et une multitude d’idéologies s’y télescopent : tiers-mondisme, croissance à tout prix, croissance verte, décroissance, socialécologie, écologie profonde, etc. Pas de synthèse, mais une négociation des aides, il n’y aura ni le camp des vainqueurs ni celui des vaincus. Tout le monde perdra ou tout le monde gagnera.

Où trouver l’argent ?

Un  plan Marshall pour une Afrique 100% énergies renouvelables, la lutte contre l’érosion des côtes et la protection des infrastructures : il faudra trouver l’argent où il se trouve. Un seul moyen : la taxation des transactions financières.

Le 18 décembre sera une date primordiale : le pire à craindre sera un Kyoto bis, des signatures mais pas toutes et pas de moyens coercitifs. De toute manière l’homme va enfin comprendre qu’il fait partie d’un tout, qui s’appelle la terre, et la révolution qui s’annonce est sociale, économique, juridique et philosophique.

Humanisme versus Ecologie ?
Non, les deux.

Dominique Lambert
Parti radical

En savoir plus : Interview de jean-Louis Borloo (ci-dessous)
http://www.dailymotion.com/videoxbbrvo

3 commentaires sur “Copenhague : La grande réorganisation ?”

  1. Michel

    donc au final, ça finit par une taxe…c’est pas bien nouveau et surtout pas enthousiasmant…

    #1155
  2. dominique lambert

    Michel, pas seulement et pas pour tous.

    Je crois deviner que vous pensez « ça va encore être la classe moyenne de chez nous qui va payer ». Il faut surtout que ce ne soit pas le cas sinon, je l’accorde, çà va mal finir.Il ne faut pas aller chercher l’argent où il ne se trouve plus.

    #1156
  3. Michel

    une taxe, ou contribution en language politique, sur des activités ou entreprises (financières dans ce cas) se traduit mé-ca-ni-que-ment par une hausse de ses prix de vente, sauf à ce que l’entreprise accepte de baisser ses prix et/ou ses charges, ce qui est rare et/ou très difficile.
    Les produits ou services « sur taxés » sont achetés soit par d’autres entreprises ou collectivités publiques qui alors suivant le même principe augmentent leurs prix ou les impôts. Soit ils sont acquis par des particuliers qui payent alors + cher.
    Donc dans tous les cas de figure, ce sont toujours les particuliers qui payent. Je ne critique pas cela en soi, je dit juste qu’il faut en être conscient, ne pas raler après, et surtout surtout veiller à ce que tous les pays du monde fassent la même chose pour que nous ne perdions pas en compétitivité, emplois…
    Ceci étant je préfère que les impôts n’augmentent pas ou alors que pour les pollueurs (cf taxe carbonne).

    #1160

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