Identité nationale : un débat qui a du sens
L’identité nationale c’est le cœur de notre pacte social, de notre capacité à vivre ensemble dans le respect et le partage de nos valeurs républicaines, avec toujours à l’esprit la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, ce texte magnifique qui va à l’essentiel.
L’identité nationale, c’est le modèle d’adhésion à la nation, à ce qui l’a constituée, l’a construite et continue de la faire progresser. L’incapacité d’une nation à affirmer ses valeurs, à oser exprimer sa raison d’être, à expliquer comment elle souhaite vivre, constitue un handicap pour sa survie et sa cohésion.
Dans ce débat, on ne peut faire l’économie d’évoquer l’immigration. La France n’a pas su intégrer ses immigrés. Pourtant la première génération avait cette volonté. Aujourd’hui, parmi leurs enfants, un certain nombre rejette le modèle français laïc et républicain. Devons-nous continuer à faire comme si tout allait bien ? Faudrait-il sacrifier tout ou partie de nos valeurs en guise de bonne volonté ? Faudrait-il renoncer aux piliers de notre démocratie (laïcité, parité homme/femmes, liberté d’expression…) dans l’espoir d’un compromis fragile, d’un apaisement temporaire ? Le dialogue peut-il se concevoir sans éviter le piège du communautarisme ? Franchement, il y matière à débats. Faire la sourde oreille, prôner le statu quo par l’échec, c’est être bien prétentieux, c’est manquer cruellement d’ambition.
Immigration et fécondité. Notre nation, même si elle est la plus féconde d’Europe avec l’Irlande, a besoin de l’immigration pour produire, et pour reproduire son modèle social.
Cela inquiète une partie de nos concitoyens. Beaucoup prétendent que notre système de protection sociale représente une invitation à l’immigration massive. Pourtant, bon nombre de candidats à l’immigration préfèrent le Royaume-Uni, qui n’a rien d’un paradis social.
Il reste que nos systèmes sociaux ne pourraient faire face à une arrivée massive d’immigrés sur notre territoire. Ce n’est pas un jugement de valeur, mais une réalité économique.
L’immigration choisie. « Démocratie », « liberté », « laïcité », « justice »… ces mots puissants constituent, avec d’autres, notre patrimoine. C’est notre richesse sociale commune, acquise par l’amour du progrès, le goût pour la solidarité. Pour cela, il a fallu lutter, résister. D’autres mots précieux tels que « devoir », « patrie », « drapeau » ont donné un sens à tous ces combats pour une nation plus proches de nos aspirations.
Hier, c’est la collectivité nationale qui était le grand gagnant de l’immigration. Celle-ci garantissait une main d’œuvre bon marché, corvéable à souhait, mais aussi porteuse d’évolution pour la nation et créatrice de richesse.
Aujourd’hui, l’immigration représente un coût aux yeux de nos compatriotes. Il n’en est rien à terme, bien au contraire. Au-delà de l’accueil sur notre territoire des immigrés qui fuient leur terre pour des raisons multiples, nous devons nous attacher à intégrer au mieux dans notre modèle social ceux qui sont en mesure de le faire et ont la volonté de le faire.
Le débat que lance Eric Besson a pour vocation de réaffirmer ce qui nous rassemble, de réfléchir en profondeur à ce que nous sommes, aux différentes façons de pérenniser notre pacte social. Comme il sera nécessaire de compter sur l’immigration pour sauvegarder notre nation, le peuple français doit affirmer son socle, son postulat social, ses valeurs partagées, son patrimoine identitaire en somme, sans crainte, sans complexe, sans état d’âme. Pourquoi faudrait-il se taire ?


« L’identité nationale c’est le cœur de notre pacte social »
Dans le cadre républicain et français, c’est le contrat social qui est le coeur de l’identité nationale.
C’était, pour Rousseau, çà le progrès humain. Sa sortie du Léviathan
Certes il ne faudrait rien taire, mais tenter de na pas se commettre par ailleurs.
Vous n’avez pas participé au lancement de la consultation jeudi dernier à Sciences Po., ce fut plus que houleux tant sur la forme que sur le contenu, passons.
Je puis vous dire, si tant est que vos me le permettiez, ô combien l’attention est fâcheuse. Et vous même vous la soulevez en filigrane. Les termes sont très mal choisis pour un débat sur les valeurs de notre République. Il s’amorce avec visées réductrices. L’identité est une approche statique, une pièce matérielle en quelque sorte. Pour preuve, rendez-vous des-dites consultations est donnée en préfecture et sous-préfecture.
Une mise en perspective n’a de sens que lorsque l’on évoque la citoyenneté française. Vous qui faites allusion à Hobbes, je ne vous ferais pas l’affront de vous éclairer sur la visée utilitariste de l’Etat comme construit social qui nous protège de la crualité des hommes. Reprenez le livre II .. de l’Etat, la démonstration place l’Etat comme régulateur, organisateur de la vie sociale. Si l’on rapproche cela avec le lieu ou se tient la consultation, je trouve la mise en revers malsaine.
L’identité vide précisément de son sens certaine de nos valeurs. Où est la déclaration de 1789 lorsque l’on expulse des afghans violant par là même son article 2, faisant écho au droit de sûreté ? Comment gérons-nous la multi-culturalité par exemple ? Un français né à l’étranger ne pourrait se prévaloir de l’être puisque le tissu social révélateur des valeurs du pays n’a que peu de similitude avec notre monde métropolitain. Sommes-nous aussi disposés à remettre en cause notre positionnement ultra-marin ? Je ne voudrais être démagogue, mais je trouve étrangement fortui le référendum en Guyane et Martinique en janvier prochain.
Est-ce bien l’étranger qui fait si peur ? Où sont les français qui se lèvent tôt lorsque l’on s’épanche sur des métiers harassants tels le ramassage d’ordures, le travail à la chaîne et autres activités nocturnes ? Nombres de français se complaisent tout autant d’aides sociales et pire dévoie le système via des abus fortui (déclartion d’handicap ou autres maladies providentielles). Par delà, avons nous oublié ceux qui ont reconstruit la France ?
Je trouve cette instrumentalisation de l’Etat par certains représentants politiques infâme , notamment en période pré-électorale. Une telle bassesse assimilant identité, patrie et nation est plus que choquante, et je me permets cet euphémisme. Une frontière = une identité = des valeurs = nation ? Nous avons fait un fâcheux pas séculaire.
Un débat sur la citoyeneté nationale aurait été pertinent. Nous l’avons probablement manqué. Ce n’est pas ainsi que nous allons lutter contre le désintérêt envers nos institutions, dont le premier révélateur réside en l’abstention. C’est ainsi que depuis de nombreuses années nous observons un phénomène de polarisation de l’électorat, où finalement les discours si ésotérique désintéressent les citoyens de leurs représentants politiques, alors que les élites de la nation n’ont de cesse que de défendre nos institutions.
Le socle de notre nation est le vivre ensemble, vouloir une scission en décriant des concitoyens sur le fondement de leur origine, pourrait constituer une menace pour notre démocratie. Il est vrai la prévalence à l’érudition, la stimulation de la fibre démocratique sont corrélées à la provenance géographique de nos ancêtres. La satire a peu de saveur je dirais.
Bien à vous,