L’art subtil du sectarisme courtois
Comment un responsable politique affable et courtois, dont nous ne saurions mettre en doute ni le talent ni les qualités humaines – Bernard Poignant, maire de Quimper – peut-il succomber aussi aisément aux facilités de l’idéologie et du sectarisme ? C’est un mystère dont avons vécu deux nouvelles manifestations, hier lors de la séance du conseil municipal de Quimper.
Acte 1 : la réforme des collectivités locales. Le Télégramme nous conte le premier emballement de Bernard Poignant : « Sarkozy voudrait supprimer les communes, les conseillers généraux, diviser le nombre d’élus par deux. Sarkozy bricole ! ». Solidaire des plus conservateurs de ses camarades socialistes anxieux à l’idée de perdre leur(s) précieux mandat(s), il pratique l’amalgame, frise (pour rester affable et courtois) la désinformation et dresse un rideau de fumée verbal pour masquer les profondes divergences régnant au sein de sa majorité disparate quant au cumul des mandats.
Jospin désavoué par Poignant !
Acte 2 : La Poste. C’est encore plus ennuyeux parce que, là, Bernard Poignant et sa majorité fractionnée instrumentalisent et manipulent salariés de La Poste et citoyens-usagers.
Que dit le vœu adopté hier par la majorité hétéroclite du conseil municipal de Quimper ? Qu’il est question d’un « projet de loi de privatisation de La Poste ». Ce qui est faux. Premier mensonge, dès le titre ! Après quelques « considérants », soit évidents soit contestables, l’hypothétique majorité municipale reconnaît dans le… dernier paragraphe que « le service public postal doit être maintenu, modernisé et rénové afin de répondre aux besoins de la population sur l’ensemble du territoire ».
Or, c’est précisément le sens de la réforme du service public postal entreprise par le Gouvernement, à l’initiative du Président de la République. Nos élus quimpérois d’opposition ont donc proposé à la majorité multiforme un vœu tout autrement formulé, plus factuel et proche des réalités. En substance, il disait ceci : « Le conseil municipal de Quimper apporte son soutien au Gouvernement et au Président de la République dans leur décision d’investir 2,7 milliards d’euros d’argent public pour moderniser La Poste. Ce qui a pour but de lui donner les moyens de renforcer enfin ses missions de service public. ». Ce vœu s’est bien sûr heurté au mur peu dialectique de l’arithmétique.
Et pourtant… Le brillant historien qu’est Bernard Poignant ne saurait ignorer qu’en 1997 le Gouvernement Jospin a adopté au niveau européen un texte qui actait « la libéralisation des services postaux ». Avec cet argument : « Cette libéralisation est nécessaire au secteur postal lui-même ». Meilleurs vœux… de bonne foi pour le prochain conseil.
Olivier Boyer


Ne pas voir ses propres turpitudes ou incohérence provient soit d’une mauvaise vue soi d’une mauvaise foi.La 1ere se corrige, la seconde se combat par une seule arme, toujours et toujours : la VERITE. Le sectarisme de certains de nos adversaires ne servent qu’à donner du « baume au coeur » de leurs troupes… rien d’autre! et encore cela ne semble par être efficace
les politiques socialistes semblent vouloir paraître les plus intelligents…ils en oublient une, d’intelligence, celle de la « masse » qui parfois électoralement apporte des nuées de surprises
Donc toujours la Vérité! même si çà peut déplaire… avec de l’explication, de la pédégogie… tout s’explique
Tout cela reste de la politique !
Défendre sa troupe électorale Quimpéroise, ville administrative, ville de fonctionnaires.
Ce qui est le plus improbable, c’est que finalement, en tant qu’ancien député européen, notre maire ne soit pas au courant de la mise « aux normes » de nos services publics.
Changer de statut n’est pas une privatisation. Mais l’art, en effet, subtil, bien exprimé encore une fois par Olivier Boyer, de séduire son public plutôt que d’avoir le courage politique d’annoncer les choses clairement en accord avec les instances européennes.
Peut-on également répondre à Mr Tanguy qui disait en substance « nous agissons pour les handicapés, la droite Quimpéroise n’avait qu’à le faire pendant son mandat »…facile.
Le futur multiplex, la médiathèque, voilà les projets qui sont aujourd’hui récoltés par la gauche quimpéroise pourtant semés par une droite municipale sous Alain Gérard (même si il faut avouer, avec franchise, que ce mandat fut d’une transparence inégalée !)…
En attendant, hors ces projets, nous attendons toujours les nouveautés de notre gauche, toujours plus moralisatrice qu’active !