Qui pour un Finistère au top ?
La crise est passée par ici, le chômage aussi. En attendant le vrai TGV, nous sommes toujours au bout du monde. Et pourtant, beaucoup continuent à consolider leurs querelles de clochers, dresser des barricades, creuser des fossés, entretenir des antagonistes antédiluviens entre Nord, Centre et Sud Finistère. Comme si nous n’étions pas dans le même bateau. Et comme si nous n’étions pas tous exposés aux mêmes risques. Le principal, ce n’est pas l’incompétence de nos jeunes – ils sont les mieux éduqués en France – ce n’est pas le manque de motivation de nos entrepreneurs et de leurs équipes – ils sont parmi les plus déterminés, les plus efficients, et leur implication dans le développement de nos territoires est sans limite. Ce qui nous fait défaut, c’est un véritable projet politique, fédérateur, équilibré, au sein duquel chacun pourrait exprimer librement sa richesse, sa volonté, son aptitude à inventer.
Poignant regrette, Urvoas glose
Tout cela est du registre du possible, mais n’est pas réalité. Nous avons proposé – en étroite concertation avec nos amis des 7ème (Douarnenez-Le Guilvinec-Pont L’Abbé) et 8ème circonscriptions (Concarneau-Quimperlé) UMP du Finistère, que le Préfet, Pascal Mailhos, préside une table ronde rassemblant élus politiques et économiques ainsi qu’acteurs sociaux. Le président du Conseil général, Pierre Maille, lorsque nous l’avons rencontré fin avril, avait développé un schéma cohérent à ses yeux : pôle santé à Brest, près du CHU ; pôle social à Quimper. De fait, le siège de la Caisse primaire d’assurance maladie (CAPM) va quitter Quimper pour Brest, ce que Bernard Poignant qualifie de « mauvaise manière faite à la ville », les explications du député de la circonscription, Jean-Jacques Urvoas étant beaucoup plus emberlificotées.
Est-il donc si compliqué, si rebutant, de mesurer les équilibres : social, économique, démographique, politique ? Probablement pas. Je suis hélas persuadé que certains acteurs ne jouent pas collectif et s’accrochent, au-delà du raisonnable et de l’acceptable, à leurs petites prérogatives. D’autres ont tiré à boulets rouges, parfois en toute bonne foi, pour exister, et cela a bloqué le mécanisme de rapprochement et de synergie Nord/Sud que l’ancien Maire de Quimper avait initié.
Jamais trop tard pour dire stop !
Il n’est jamais trop tard pour dire stop au gâchis. Début 2010, il nous faut organiser une rencontre constructive, entre gens responsables, soucieux et garants de l’intérêt général et du développement harmonieux du Finistère. En faisant fi de frontières qui n’ont plus lieu d’être.
Savamment préparée, elle devra associer compétences utiles et diverses pour mettre en synergie acteurs économiques, sociaux et politiques du Finistère. Un seul but : le développement affirmé, résolu, partagé de notre Finistère.
Si personne ne bouge, ne fait l’effort, le canevas départemental se tissera en circuit fermé, avec beaucoup d’accrocs et d’insuffisances. Chacun attend des principaux décideurs qu’ils se situent au contraire à la hauteur de leurs responsabilités. Maires de grandes villes, Présidents d’EPCI, d’organismes consulaires, d’organismes sociaux peuvent s’appuyer sur un acteur territorial majeur dont personne ne peut contester ni la compétence, ni l’efficacité, ni le sens de l’intérêt général : le Préfet.

