Classes moyennes et 35 h 00 : temps de travail réduit, panier moins garni !
Quid de la pertinence de cette affirmation ?
Si nous nous souvenons de l »intervention de Dominique Lambert lors du 18/20, il apparaît que globalement la population « économique » se divise en trois strates, pour certaines avec subdivisions, mais restons-en aux trois premières : une strate « défavorisés », une strate « classes moyennes » et une strate » classes aisées ou privilégiées ».
Question : qui travaille et qui est tenu par la notion du temps de travail ?
La strate « aisée ou privilégiée » intègre toutes les personnes qui peuvent vivre de leurs rentes et ne travaillent donc pas, elles, comprend également toutes les populations qui travaillent dans la sphère « dirigeants, professions libérales, commerçants » à haut revenu, indépendants et maîtres de leur temps. Ils ne comptent pas ce temps et s’ils souhaitent gagner plus pour compenser une éventuelle perte de revenus, ils se rendent plus disponibles pour leurs activités (le travailler plus pour gagner plus, naturel chez certains).
La strate « défavorisés » compte beaucoup de retraités à petite retraite, qui ne travaillent donc plus, et beaucoup de personnes vivant de subsides sociaux, qui ne travaillent pas, voire de travailleurs pauvres, ceux qui travaillent un peu, soit de temps en temps, soit en continu mais pas à temps plein. Comme ils n’ont déjà pas atteint un quota conséquent d’heures, ils ne sont pas frappés par les réductions horaires.
Reste la strate des « classes moyennes », population qui compte énormément de travailleurs. Que s’est-il passé lors de la mise en place des 35 heures 00 (zéro zéro)?
Les entreprises qui ne comptaient pas de délégués syndicaux ont dû faire appel à des représentants extérieurs. Celles qui en leur sein avaient des délégués « encartés ou susceptibles de l’être » les ont laissé émerger afin de pouvoir conduire les négociations.
Dans presque tous les cas de figure, face à la loi, les employeurs et salariés ont fait preuve de grande responsabilité. Tous ont compris que les coûts de production allaient progresser du jour au lendemain de plus de 10% (4h de travail en moins sur 39h). Ils ont défendu la pérennité des entreprises et privilégié le maintien de l’emploi. Ils ont bien sûr intégré les allègements de charges (les cactus glissent mieux avec un peu de sirop) et ils ont recherché ensuite des gains de productivité. Mais chacun savait que les allègements ne seraient pas pérennes, ils eurent pour nom Aubry 1 et 2 puis Fillon (qui a dû en maintenir pour ne pas massacrer les entreprises).
Mais, dans une très grande majorité des cas, les grands accords gagnant/gagnant devenu 10 ans plus tard perdant/perdant ont conduit à freiner les augmentations de salaires. A quel niveau ? La réponse est simple : un peu plus de 10 %. Les entreprises ont tout d’abord procédé au gel des augmentations pendant deux à trois ans, puis à la limitation de celles-ci.
Au final, alors que les coûts de production n’ont pas pu baisser, les salariés ont perdu 10 % de pouvoir d’achat. C’est une partie du loyer, ou un peu de vacances, ou une capacité moindre à s’endetter pour acquérir un studio…..
Donc le slogan le plus juste des 35 heures 00 façon Martine Aubry n’est pas « travailler moins pour travailler tous » mais en réalité « travailler moins pour gagner moins ».
Un simple raisonnement par l’absurde, il y a dix ans, aurait pu éviter tout ce gâchis : » Si tout le monde travaille moins, disons, jusqu’à ne plus travailler, alors qui remplit le frigo? ». Et si le frigo est vide, à quoi servent les jeux du cirque socialiste ?
Bernard Cabelguen


Pleinement d’accord Bernard, tu peux aussi faire des calculs identiques ou presque pour les collectivités locales…qui n’ont pas remplacé en totalité les 10% du temps de travail perdu. Cela a réduit leur capacité d’investissement il fallait augmenter les impôts! Dans notre bonne ville de Quimper l’embauche de 80 personnes coûte 1 900 000 euros en une année ( 2000 euros x80 personnes X 12 mois) les 70 emplois perdus sont moins de service public offert à la population. Financer les 150 emplois (10% de 1 500 personnes) cela coûte environs 3 600 000 euros! soit une augmentation de plus de 20% des impôts locaux…