18/20 : Education nationale, « antis » et « nantis »
Jean-Aubert Barra, professeur de chirurgie cardiaque, auteur d’un ouvrage intitulé « Le Parti socialiste, naufrage d’une idéologie » était, mardi soir, l’invité de la 1ère Circonscription UMP du Finistère à l’occasion d’un « 18-20 » consacré à cette problématique brûlante : « L’Education nationale est-elle hostile à toutes réformes ? ».
Lors du débat, orchestré par Bernard Cabelguen, l’auteur a constaté l’insuffisance criante d’égalité des chances au sein de l’école, alors que l’une des missions essentielles de ce service public est de promouvoir les élèves en difficultés. « Tout se joue dès le primaire, insiste-t-il. Car nous n’avons pas encore inventé de machine capable de donner du sens à un texte ». L’intervention intellectuelle de l’élève reste plus que jamais irremplaçable, dans un univers de plus en plus virtuel.
Au fil de ses références historiques – Lénine, Staline, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, le PCF du temps jadis, les joutes idéologiques de la Guerre froide, Mai 1968 – Jean-Auber Barra a dénoncé la prégnance d’une idéologie « anti-tout » : anti-bourgeoise, anti-grammaire, anti-capitaliste, etc.
Ce « culte » de « l’immédiateté », de la « spontanéité dans la revendication », cette « culture de la haine, facile à fédérer » a conduit, selon lui, l’Education nationale à devenir « l’actrice à part entière, mais aussi la grande victime » de la destruction de l’autorité et du respect dont les professeurs ont tant besoin.
« Le mal est profond, la maladie chronique », affirme le professeur Barra. « Il sera difficile de réformer l’Education nationale tant que la culture gauchiste et nihiliste trouvera autant de crédit auprès de nos concitoyens. » Cette pratique compulsive de la haine politique, dont Nicolas Sarkozy fut la cible avant, pendant et après la campagne présidentielle de 2007, laisse en effet perplexe. L’Education nationale n’étant qu’un maillon faible parmi beaucoup d’autres…
Les opinions tranchées de Jean-Auber Barra, qui lui appartiennent, ont donné lieu à un riche débat en seconde partie de réunion.
Olivier Boyer
